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Les poufs, les tables de baby-foot et autres gadgets ont peu d’influence sur la satisfaction des salariés. Ce qui compte vraiment : la sécurité de l’emploi, le respect et la possibilité d’une évolution professionnelle.

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Qui sont les employés les plus heureux de Grande-Bretagne ? Selon le classement Glassdoor 2017 des meilleurs employeurs, il s’agirait des salariés de la branche londonienne d’Expedia, le site américain de voyage en ligne. En 2016 déjà, les commentaires anonymes du personnel, ancien et actuel, plaçaient Expedia en tête du classement.

En lisant la description que Business Insider donne des “bureaux les plus agréables de Londres”, on est tenté de croire que le bien-être des employés d’Expedia ne tient qu’aux locaux et aux distractions qu’on y trouve : table de ping-pong, baby-foot, consoles de jeux, bar à cocktails, etc. Nul doute : ça donne envie !

Mais l’enquête indique qu’Expedia plaît aux salariés pour le travail lui-même, et non pour l’attractivité de ses bureaux. Les critiques les plus favorables évoquent “la culture d’entreprise” et “les possibilités d’évolution”. Presque aucune mention de l’environnement matériel.

Attention aux effets de mode

Le bien-être au travail est trop souvent associé, à tort, au design des bureaux plutôt qu’à des facteurs plus importants comme la sécurité de l’emploi ou l’accomplissement professionnel. Des objectifs abstraits étant difficiles à représenter sur Instagram, c’est l’aménagement qui récolte les lauriers.

En essayant de créer un cadre de travail attractif, les entreprises modernes risquent fort de transformer leur bureaux en cirque – une étape déjà franchie par l’entreprise Angel Solutions de Liverpool, qui possède “les bureaux les plus cool d’Angleterre”, et cela à seule fin d’améliorer l’image de l’entreprise aux yeux des nouvelles recrues et des journalistes.

Certes, Expedia est une société où il fait bon travailler. Et, certes, ses bureaux sont très agréables. Mais c’est sans doute parce que les entreprises qui investissent dans un environnement matériel attractif investissent aussi dans des domaines plus essentiels pour le bonheur des employés. Expedia offre par exemple à ses salariés une allocation voyage pouvant aller jusqu’à 14 000 dollars [12 500 euros] par an.

Chaque année, les entreprises dépensent des milliards pour satisfaire leurs collaborateurs. En vain. Aux États-Unis, seuls 30 % des travailleurs sont motivés par leur emploi. Les employés de bureau veulent plus que des gadgets et des espaces de détente. En effet, une étude a montré que les à-côtés décalés s’avèrent souvent plus agaçants qu’attrayants pour le personnel. Peu de gens aiment travailler dans un hamac ou conduire une réunion de crise dans une piscine à boules.

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Mieux écouter ses collaborateurs

Il suffirait pourtant que les employeurs soient plus à l’écoute pour comprendre que leurs collaborateurs n’en demandent pas tant. Pour nombre d’entre eux, il serait plus important de pouvoir masquer leur écran : 74 % des 1 000 employés de bureau interrogés dans une autre étude ont dit se sentir angoissés à l’idée que leurs collègues puissent voir leur travail. Résoudre ce problème ne coûterait pas grand-chose et améliorerait grandement le bien-être au travail. Mais là encore, difficile d’en faire une photo convaincante sur Instagram.

Des meubles confortables et de bonne qualité ou des boissons fraîches procurent plus de satisfaction que des bottes de foin ou des hamacs, que les sujets de notre étude classent parmi les idées les plus absurdes pour susciter l’intérêt sur les réseaux sociaux.

Une étude de la Society for Human Resource Management désigne le salaire, les perspectives d’évolution, le respect et la confiance comme les principales sources de satisfaction pour un employé. Rien de révolutionnaire, donc. Si l’on met de côté le salaire, c’est l’aspect relationnel plutôt que les résultats, l’aménagement ou la responsabilité sociale de l’entreprise qui nous fait sortir du lit tous les lundis matin.

L’importance des liens

Et c’est bien logique. Selon une autre étude menée auprès des membres de la promotion 1980 de l’université Harvard, tisser des liens forts et étroits avec autrui est une source de bonheur sans égale, tant au travail que dans la vie quotidienne. [Il s’agit d’une enquête menée régulièrement, et dont la dernière remonte à 2015.]

Alors comment les entreprises favorisent-elles de bonnes relations entre leurs collaborateurs ? Une réponse vient immédiatement à l’esprit : soirées professionnelles, open spaces et sorties régulières. Certaines sociétés, comme Expedia, proposent également des événements mêlant formation et réseautage.

Mais ce n’est pas si simple. Les liens les plus solides, les plus riches, ne sont pas noués dans le confort d’un bureau. Pour établir une amitié stable et de longue durée avec un collègue, il faut sortir de son lieu de travail.

Un sondage mené auprès de 1 000 adultes britanniques en février 2017 a montré que les individus qui travaillent dans un environnement favorisant les rapports sociaux, comme des bureaux en centre-ville, proches de pubs, de bars et de complexes sportifs ou associatifs, ont plus de mal à se lier avec leurs collègues que les agriculteurs, les foreurs de pétrole ou encore les travailleurs de nuit. Plus l’environnement de travail est anti- social, plus les liens d’amitié sont forts. Dans les milieux propices aux rencontres entre salariés en dehors des heures de travail, on est tenté de considérer les relations sociales avec désinvolture. Tandis que les environnements plus rudes, comme le plein air, conduisent à tisser des liens solides.

Drôle de paradoxe : en creusant un peu, on constate que, dans une situation qui se prête aux rencontres, les relations sont plus superficielles. Si chaque soir est l’occasion de se retrouver entre collègues après le travail, les amitiés sont plutôt dictées par le hasard et la facilité. Lorsque les possibilités de rencontre sont plus rares, le choix de nos amis est plus délibéré.

Le travail en extérieur n’y est pas forcément pour quelque chose, c’est la nature de l’activité qui compte. Les emplois dans la pêche, le bâtiment ou la défense exigent un travail physique en équipe et comportent une forme de danger. Ils encouragent une amitié qui transcende le travail lui-même.

En extérieur, le rapprochement est plus difficile : pas de discussions autour de la machine à café. Ceux qui travaillent sur un bateau, sur un chantier ou de nuit doivent fournir plus d’efforts pour aller à la rencontre de leurs collègues. On peut donc s’attendre à ce que, le moment venu, ils se rapprochent de personnes avec lesquelles ils ressentent une réelle affinité, quelle que soit la relation de travail. Ces critères de sélection plus stricts augmentent sûrement les chances qu’une telle amitié dure plus longtemps et devienne plus forte.

Source : Cary Cooper pour Courrier International – n° 1400 du 31 août au 6 septembre 2017