En cette époque morose, de rentrée scolaire, professionnelle, de vacances,… de crise profonde des marchés et de temps pluvieux, quoi de mieux pour l ‘esprit que de « basher ».

De l’anglais « to bash », cogner, le bashing est devenu un sport populaire. Il n’est d’autre qu’un néologisme utilisé pour décrire la forme de défoulement qui consiste à dénigrer collectivement un sujet ou une personne.

Un phénomène que le sociologue des média Cyril Lemieux décrit ainsi : « L’actualité est désormais davantage produite par le système médiatique que par un média : les rédactions sont de plus en plus soumises à l’impératif du buzz, l’injonction à générer de la reprise ».

De plus, le développement d’Internet et des réseaux sociaux a offert au bashing un nouveau champ d’action, en permettant à beaucoup plus de monde de participer dans l’anonymat à cette activité collective.

Les exemples les plus frappants de ce « lynchage médiatique » :

Dominique Strauss-Kahn vs Marcela Jacub.

François Hollande et son gouvernement (Le Point avec « On arrête avec les bêtises », L’Express et son « Cocus de Hollande », Le Nouvel Obs avec « Sont-ils si nuls ? »,…).

conference

Booba, La Fouine et Rhoff : chacun se traite de fillette, avant de se promettre les derniers outrages par musique ou tweets interposés. L’affaire se terminera par un assaut pas très virtuel : deux balles de 22 long rifle dans la voiture de La Fouine, le 4 février à l’aube.

rap

Sophia Aram qui s’en prend à Stéphane Guillon.

Et « top of the bash », Nabila !

En revanche, dire que les Grecs sont des enc…, comme le suggère régulièrement madame Germaine Merkel, c’est un triple bashing, politique, ethnique et sexuel, qui insulte la démocratie orthodoxe, le sud des Balkans et l’homosexualité masculine pourtant illustrée par Socrate et Alcibiade. Mais on laisse passer, parce que c’est Germaine et qu’il faut pas basher les dirigeants allemands des autres pays d’Europe.

Selon la philosophe Myriam Revault d’Allonnes, « cette violence sacrificielle ressoude la communauté dans une société habitée par l’imaginaire de la ressemblance, dans laquelle on ne reconnaît pas la grandeur du différent, et qui facilite le discours dénigrant ».
C’est le bashing, ou la version 3.0 des chamailles dans la cour de récréation !