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Après les cabinets des médecins et les rédactions des journaux, le « bore-out » s’apprête à franchir les portes du tribunal. Lundi 2 mai, le conseil des prud’hommes de Paris a examiné la demande d’un salarié qui dit avoir été licencié « sans cause réelle et sérieuse » après un épuisement professionnel dû à l’ennui. Le « tout premier procès du bore-out en France », selon lui.
En attendant la réponse de la justice, le Dr François Baumann, auteur du livre “Le Bore-out, quand l’ennui au travail rend malade”, nous donne quelques explications sur ce sujet encore tabou.

Image de personnes s'ennuiant lors d'une réunion. Bore-out. Mushroom, chasseurs de têtes, chasseur de tête, cabinet de recrutement, digital, start up, communication, marketing

S’ennuyer à mourir. Une expression pleine de sens pour de nombreux salariés qui n’ont pas, ou peu, de choses à faire au travail. Passer son temps à regarder l’heure défiler, faire durer ses pauses café, naviguer sur Internet sans but précis… Nous avons tous été confrontés, au moins une fois, à ces situations lors d’un creux d’activité au travail. Mais, pour certains, l’ennui est quotidien et peut vite devenir insupportable. Anxiété, fatigue, baisse de l’estime de soi, déprime… Le bore-out est proche.

Le bore-out… qu’est-ce que c’est ?

Le bore-out vient du verbe anglais « to be bored » qui signifie « s’ennuyer ». Concept plutôt récent (mis en avant en 2007), le bore-out se définit ainsi comme le syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui. Constituant un véritable frein à l’épanouissement des travailleurs, ce syndrome a également une influence négative sur les performances économiques des entreprises. Ce phénomène est bel et bien présent, et même en expansion, comme le montre une étude de 2008 (réalisée par Stepstone), selon laquelle 32% des 11.238 salariés européens sondés seraient affectés par l’ennui au travail.

Le bore-out, nouvelle pathologie qui semble supplanter le burn-out

Alors que le burn-out, ou épuisement professionnel lié à un trop plein d’activité, fait l’objet d’une lente démarche de reconnaissance en tant que maladie professionnelle, l’ennui au travail demeure encore tabou. Pourtant, occuper un poste où il n’y a rien à faire peut devenir un supplice. Car derrière l’oisiveté au bureau se cache un véritable manque de stimulation intellectuelle, très dévalorisant et paradoxalement, très stressant. Une souffrance qui peut dépasser le cadre psychique. Face à l’ennui, des habitudes « palliatives » peuvent vite se mettre en place : grignotage, pauses cigarettes plus fréquentes et parfois même, recours à l’alcool. Des comportements qui expliquent, selon une étude anglaise intitulée « Bored to death », que les salariés qui s’ennuient au travail présentent un risque deux à trois fois plus élevé d’accidents cardiovasculaires que ceux dont l’emploi est stimulant.

Pourquoi en parle-t-on si peu ? Comment les personnes concernées en arrivent-elles là ? Comment en sortir ? Réponses de Christian Bourion rédacteur en chef de la Revue internationale de psychosociologie et auteur de “Le bore-out syndrome. Quand l’ennui au travail rend fou”. Il est également l’auteur d’une grande étude, réalisée en 2011 avec Stéphane Trebucq, portant sur le syndrome du bore-out.

Christian Bourion indique que le phénomène de bore-out n’est pas récent.  Aujourd’hui, le nombre d’employés qui n’ont pas grand-chose à faire au travail est très important. Si l’inactivité au sein des entreprises a été sondée dès 2008 au niveau européen, en France, ce sont essentiellement les collectivités territoriales qui ont « banalisé » l’ennui au travail. Cela s’explique concrètement par une politique d’embauche inadaptée dans le secteur public, avec des structures qui créaient des emplois « pour rendre service » plutôt que pour répondre à de réels besoins. Mais les raisons de la « généralisation » de l’ennui au travail sont multiples : mise à l’écart volontaire ou « placardisation » dans le public pour les fonctionnaires qu’on ne peut pas licencier, postes non-supprimés mais vidés de leurs sens, parcellisation des tâches à l’extrême dans le privé…

Être payé à rien faire. Cool ?

Pour 90% des employés, l’ennui est insupportable, mais les 10% restants peuvent tout à fait trouver le bonheur dans ce système-là. Souvent, ces personnes ne considèrent pas le travail comme un élément indispensable à la vie, une façon de se réaliser, qui aide à la construction de soi et qui porte en lui une forme d’idéal. Mais ne rien faire, ne pas être stimulé professionnellement, c’est risquer de perdre l’estime de soi, de se sentir incapable et inutile. L’ennui peut être une porte ouverte à la morosité, la remise en question, la déstructuration de sa personnalité, la dépression…

Néanmoins, avouer que l’on s’ennuie au travail alors que l’on est payé est très mal vu, surtout de nos jours. Car avoir un job apparaît déjà comme une chance incroyable. Alors dire, en plus, que l’on souffre de cette situation, c’est inconcevable. A cela s’ajoute une forme d’autocensure. Dans le cas du burn-out, on tente de minimiser sa surcharge de travail, dans le bore-out, on tente de minimiser son ennui. Mais il semblerait tout de même que le tabou commence à tomber. Le bore-out constitue une telle souffrance pour de nombreuses personnes actuellement en France, que la parole commence à se libérer.

Quoi faire en cas de bore-out ?

Il est souvent difficile de changer les choses sans quitter son poste. Selon Christian Bourion,  la première étape pour limiter les risques de bore-out, c’est prendre conscience de sa situation. Passer son temps à ne rien faire au bureau, emprisonne la personne dans une routine qui n’a rien de normale ! Prendre du recul est essentiel et salvateur. Les personnes touchées par le burn-out s’enferment dans un travail incessant, celles confrontées au bore-out s’emprisonnent dans l’ennui.

Pour quelqu’un qui a été placardisé, hormis la démission, il n’y a malheureusement pas beaucoup d’échappatoire. Pour les autres, et notamment les jeunes, qui sont parfois employés à des postes « inutiles » au début de leur carrière, il est possible d’apprendre de cette situation. Il faut en profiter pour se développer malgré tout, sonder quelles sont ses aspirations professionnelles réelles, ce que l’on souhaite vraiment réaliser à travers son travail. Cela permet, bien souvent, de mettre en place des stratégies pour faire évoluer les choses, instaurer un dialogue avec sa hiérarchie et signaler que l’on mérite mieux qu’un poste vide de sens. Pour continuer à avancer, à s’épanouir, il faut refuser de se laisser emmurer dans l’ennui professionnel.