Google s’est rendu au festival Burning Man pour chercher son futur CEO… Ils souhaitaient déceler un leader qui était familier des « group flow », de l’énergie qui peut se dégager d’une communauté. Steven Kotler, directeur de recherche pour le Flow Genome Project, nous explique pourquoi.

Se détacher des tests d’évaluation classiques

C’était en 2001 et Larry Page et Sergey Brin ont fait face à la plus grande décision RH de leur vie de start-uppers. Malgré la création d’un des plus renommés test d’embauche de la Silicon Valley, où les candidats étaient impitoyablement examinés grâce au GPA (Grade Point Average), au SAT (Scholastic Assessment Test) et au MENSA (test de logique très poussé), les fondateurs se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient pas continuer à embaucher en se fiant exclusivement à la métrique.

De plus, après plusieurs années de succès, le conseil d’administration de Google avait décidé que l’entreprise devenait trop grande pour laisser le choix des recrutement uniquement à l’expérience des très jeunes Larry et Sergey. Les investisseurs avait le sentiment d’être un peu “la surveillance adulte” du groupe et ont amorcé la recherche de leur PDG, qui s’est avéré être un des embauches le plus stratégique de notre ère.

Le processus ne s’est pas avéré facile. Après presque une année d’interviews, Larry et Sergey ont réussi à dénicher cinquante des plus prometteurs cadres dirigeants de la Silicon Valley. Mais le temps venait à manquer et si le processus ne se concluait pas rapidement, ils auraient prouvé au board qu’ils n’étaient pas compétents pour cette tâche majeure.

En choisissant leur PDG, Page et Brin sont arrivés à la conclusion qu’ils devaient aller au-delà de leur processus de dépistage classique. Les CV étaient presque inutiles. La partie technique était plus ou moins une donnée acquise. Mais, dans une ville pleine de fortes personnalités, ils devaient trouver quelqu’un qui pouvait mettre son ego de côté et participer à une aventure commune. Une personne qui serait capable, selon les mots de John Markoff du New York Times, “de discipliner la culture flamboyante, complaisante de Google, sans essorer le génie.”

Ainsi, dans un moment d’inspiration désespérée, Page et Brin ont décidé de se tourner vers un processus de sélection inhabituel. Comme la tristement célèbre “Semaine d’Enfer” du SEAL (United States Navy’s “Sea, Air, and Land” Teams), un potentiel finaliste pour le poste de PDG de Google devrait passer cinq jours et nuits presque sans sommeil, supportant un soleil oppressant, le froid glacial ainsi que des conditions appelées VUCA (volatilité, incertitude, complexité et ambiguïté). Poussé aux extrêmes physiques et psychologiques, comment l’éventuel leader se comporterait ? En se repliant sur lui même ou en faisant équipe avec un groupe ?

Contrairement au SEAL, cette épreuve aurait lieu au fameux festival américain Burning Man. Et Page et Brin étaient des participants réguliers et enthousiastes (Google mettait également à disposition des collaborateurs des navettes gratuites pour desservir l”événement).  De plus, pendant des années, l’Atrium Central de Google, mettait en avant des images de « burners » (participants à Burning Man), jouant avec le feu, déguisés en tutu (le tutu tuesday de Burnign Man  ) et bien d’autres choses…

Ainsi, quand les fondateurs ont appris qu’Eric Schmidt, le vétéran de 46 ans de Sun Microsystems, issu d’un doctorat en informatique à Berkeley, était le seul finaliste au poste de PDG qui avait déjà été à l’événement, ils lui ont proposé de passer le dernier test… au Burning Man.

Celui-ci s’est donc rendu au festival avec Lary et Serguey qui voulaient savoir si Eric était capable de mettre à côté son ego et de fusionner avec un groupe, de faire ainsi partie intégrante du « group flow » ou, au contraire, s’il restait finalement fidèle à lui même et “auto-centré”.

Il s’avère qu’il a passé le test avec brio et qu’il est aujourd’hui l’un des CEO les plus brillants de notre ère.

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La performance individuelle est à son apogée

L’université d’Oxfort à présenté une étude, prouvant que le Burning Man modifie la conscience de ses participants, notamment leur perception, qui évolue dans un sens très particulier. Les gens sont comme dans un  “état de groupe ” permanent.

L’énergie dégagée par ce « group flow » provoque un sentiment de performance individuelle qui est à son apogée. Et ce dynamisme est simplement la représentation d’une équipe compétitive, où tout le monde suit des règles en gardant une certaine familiarité.

Si vous avez déjà pris part à un énorme brainstorming, où les idées fusent de partout, vous savez alors que vous pouvez arriver à trouver des concepts et des solutions mûres et intelligentes.

Par exemple, prenez une équipe de football qui revient de très loin dans son classement, c’est la représentation même du « group flow », c’est à dire l’effet qu’une communauté soudée peut avoir sur une situation.

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La fin de l’histoire, vous la connaissez…

Page et Brin sont aujourd’hui à la place dix-neuf et vingt dans la liste de Forbes des individus les plus riches du monde, tandis que Schmidt est le seul “non-fondateur” à être milliardaire grâce aux stock options…. La magie du Burning Man !

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