Twitter est dans une mauvaise passe. En février, on annonçait déjà sa fin prochaine, avec un nombre de tweets en chute libre. La semaine dernière, son premier rapport de l’année a fait paniquer les investisseurs, jusqu’à faire chuter son cours en Bourse de 11%. Mais d’après un journaliste du Wall Street Journal, « ils auraient pu le prévoir il y a plus d’un an ».

Comment ? En leur demandant combien de tables de ping-pong ils avaient acheté. Jusqu’à fin 2014, Twitter en commandait régulièrement à Billiard Wholesale, un magasin californien. Et d’un coup, plus du tout.

Table de ping-pong et chute des start up

Le propriétaire du magasin, un certain Simon Ng, a alors pensé qu’ils n’avaient plus de place « ou que l’entreprise avait des problèmes ». Le porte-parole de Twitter se défend en disant qu’ils sont plus « une entreprise basketball maintenant».

Mais la coïncidence est frappante. Il y en a d’autres : en février, quand le Nasdaq a atteint son plus bas niveau en un an, Simon Ng assure par exemple que c’était son mois le plus mou. Et aussi que Yahoo n’a rien acheté depuis « très longtemps » ou qu’Intel a arrêté il y a un an.

Au point que le Wall Street Journal, constatant que la vente de tables de ping-pong ralentit depuis décembre, se demande, à moitié sérieusement, si « la bulle Internet est sur le point d’exploser. »

Droit sacré dans les start-ups

Il faut dire que dans la Silicon Valley, le droit de jouer au ping-pong au boulot est sacré. Et un passage obligé pour toute start-up qui se respecte.

On apprend que cette fameuse icône a plusieurs raisons d’être :

1/ Prendre une pause, surtout pour les développeurs. C’est un sport « choisi conscieusement pour reposer leur cornée » fatiguée des écrans, assure Michael Lee, porte-parole d’une entreprise de logiciels à San Francisco, Pivotal. Il sait de quoi il parle, puisque sa société a investi dans huit tables de ping-pong et installé des filets tout autour de la pièce pour bloquer les balles errantes ;

2/ « Casser la hiérarchie » ;

3/ Permettre aux start-ups de se rencontrer autour d’un tournoi de tennis de table – Pivotal, encore, en organise un avec notamment Dropbox et Oracle.

Le ping-pong a déjà marqué un tournant par rapport aux entreprises de la précédente vague tech, avant l’explosion de 2000, qui étaient plutôt branchées baby-foot. L’évolution vers le tennis de table serait le symbole du tournant «pratique» des entrepreneurs : les tables sont moins chères et deux fois plus grandes.

Leur gros défaut : elles s’abiment vite et ne peuvent pas vraiment se revendre quand les entreprises ont besoin de liquidités. Notamment, quand elles font faillite.