Linkedin : 6 points pour améliorer considérablement votre profil !

Trente secondes suffisent aux recruteurs pour scanner votre profil sur LinkedIn. Est-il suffisamment soigné ? Le réseau social professionnel réunit plus de 28 millions d’utilisateurs en France (1 milliard dans le monde en 2023), et les chasseurs de tête y pullulent. Tout comme, peut-être, votre futur employeur.

Voici quelques conseils afin de ne pas passer inaperçu :

Pas de selfie ni de photos de vacances sur Linkedin

Le selfie à la cote mais pas sur LinkedIn. Gardez-le pour Facebook ou des réseaux sociaux moins professionnels. A bannir aussi les photos de vacances avec des lunettes de soleil et le bras de quelqu’un d’autre (coupé sur la photo) autour du cou.

Choisissez une photo qui vous ressemble mais qui reste professionnelle. Avoir une photo, c’est essentiel. Cela permet d’être mieux référencé et les autres utilisateurs vous identifieront plus facilement, surtout si vous les avez déjà rencontrés.

Mettez un intitulé différenciant

C’est la deuxième chose que voient les recruteurs. L’intitulé apparaît juste après la photo dans la barre de recherche. Il faut sortir de l’intitulé jargon d’entreprise et être plus différenciant. Mieux vaut mettre en avant des projets, des compétences que l’intitulé d’un poste trop précis.

Par exemple : « Propulseur des ventes” plutôt que « Commercial ». Autre astuce : privilégier les mots-clés universels, mieux référencés. Cela multiplie les chances que le profil soit consulté.

Bichonnez votre résumé

La plupart des candidats délaissent le résumé par flemme ou par peur de se fermer des portes. Pourtant, c’est la partie plus personnelle. Celle où le candidat peut parler de l’avenir, de ses projets, de ses envies professionnelles.

Inutile d’en faire trop, 5 lignes suffisent. Et surtout éviter d’en faire un mini CV, ramassé en une centaine de mots. Cela ne correspond pas du tout aux codes de LinkedIn et peut être rédhibitoire pour un employeur à la recherche d’un salarié rompu aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux.

Débroussaillez vos expériences professionnelles

Rien ne sert de faire un copier-coller du CV avec le déroulé des missions. Il vaut mieux en choisir quelques-unes et préciser les compétences maîtrisées grâce à ces expériences. Surtout, illustrez-les par des exemples concrets comme des chiffres de ventes.

Pas la peine non plus d’écrire un roman pour chaque expérience professionnelle. Il ne s’agit pas d’être exhaustif mais de donner envie aux recruteurs d’en savoir plus.

D’ailleurs, plus les utilisateurs occupent une poste haut placé, plus les descriptions de leurs expériences sont courtes.

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Renvoyez vers vos réalisations

LinkedIn permet aussi de renvoyer vers d’autres pages.

Des blogs, des vidéos YouTube de ses réalisations ou des présentations PowerPoint… Tous ces éléments prouvent l’étendue des compétences de l’utilisateur, améliorent la visibilité du profil.

Si le candidat est choisi pour passer un entretien d’embauche, cela permet d’engager la conversation sur des réalisations concrètes.

Renseignez vos coordonnées et les informations de base de votre profil LinkedIn

Cela peut paraitre évident mais nombre de personnes oublient de remplir de manière exhaustive la section « coordonnées » de leur profil LinkedIn. Pourtant, si vous êtes à la recherche d’un emploi, cela revient à diminuer drastiquement vos chances d’être contacté par un recruteur. 

Dans cette section, plusieurs éléments sont à renseigner : 

  • Votre mail : dans la mesure du possible, privilégiez une adresse mail professionnelle afin, notamment, de prouver l’exactitude des informations de votre profil. Si vous optez pour l’adresse mail personnelle, surtout si vous êtes en recherche d’emploi, veillez à ce que celle-ci comporte bien votre nom et prénom et non pas un pseudo car cela risquerait de vous décrédibiliser. 
  • Votre URL du profil : personnalisez l’URL publique générée automatiquement par LinkedIn, en y intégrant votre nom et prénom. Par exemple : linkedin.com/in/NomPrénom.
  • Votre numéro de téléphone : si vous êtes en recherche d’emploi, vous pouvez renseigner votre numéro personnel. Un recruteur préfère parfois appeler directement un candidat plutôt que de devoir attendre la réponse à un e-mail. 
  • Site internet / blog / réseaux sociaux professionnels : par exemple, si vous possédez un compte Instagram où l’on peut apprécier votre travail, n’hésitez pas à l’indiquer. Ou encore un lien vers votre portfolio si vous êtes un créatif.

Dans la section « préférences et confidentialité » de votre profil LinkedIn, vous avez également la possibilité de rendre visible votre adresse mail auprès de tout le monde ou uniquement de vos relations de 1er et 2e niveaux. Pour votre numéro de téléphone, gardez à l’esprit que seules les personnes de votre réseau pourront le voir. Enfin, même si vous avez bien rempli cette section, n’hésitez pas à aller voir dans votre messagerie LinkedIn de temps en temps. Les recruteurs peuvent passer par ce biais pour contacter les candidats.

A noter aussi : une fois tous ces changements effectués, la mission LinkedIn n’est pas encore accomplie. Un profil visible, c’est un profil en activité. Il faut prendre le temps de mettre à jour votre page, de suivre et de commenter les publications, les changements de postes de vos contacts, voire de publier vous-même des articles sur ce réseau. Cela demande du temps mais cela accroît considérablement votre visibilité.

QUEL ROLE POUR LES RH DE DEMAIN ?

Depuis quelques années, les pratiques RH ont été bouleversées, qu’il s’agisse de la gestion de la génération Z, du télétravail, du remote, du « quiet quitting » ou encore de l’accélération de la digitalisation. Pas étonnant qu’avec tous ces changements, les ressources humaines se soient retrouvées au cœur de la direction de l’entreprise au quotidien.

La gestion des talents 

Les RH ont dû, au cours de ces dernières années, se confronter à une gestion contradictoire des ressources : d’un côté, des plans de départs volontaires et/ou des licenciements et de l’autre la fidélisation des collaborateurs restants et l’attrait de nouveaux talents.

Aujourd’hui, face à la raréfaction de la compétence et dans un marché du recrutement concurrentiel, les salariés et les candidats que l’on souhaite attirer doivent être considérés respectivement comme des clients et des prospects. Dans une relation qui s’apparenterait à une relation commerciale, les RH sont donc de plus en plus tenues de fournir aux collaborateurs des prestations et une qualité de service attendues.

Pour atteindre ces objectifs, les RH peuvent explorer deux pistes : la première est le recentrage radical de leur fonction sur son expertise, l’humain ; la deuxième est d’adopter une stratégie de marketing RH.

L’Humain au cœur de cette transformation/évolution

La direction des ressources humaines pourrait en effet se délester de pans entiers de son activité (paie, administration, achat de formation…) au profit de prestataires externes ou spécialistes internes (direction juridique, direction financière, des achats). Il s’agit, en somme, d’appliquer à cette fonction la logique même de l’externalisation : confier à des experts les tâches techniques pour se consacrer à son cœur de métier.

En effet, le télétravail, qui s’est institutionnalisé depuis la crise sanitaire, a entraîné pour certains collaborateurs une perte de sens, voire un désengagement. Dans ce contexte, le partage des informations et des données est indispensable pour maintenir le lien avec l’entreprise et garder le collaboratif au cœur de ses valeurs.

Parmi les éléments importants pour les RH se trouve notamment la parole des collaborateurs. Pour contourner la distanciation physique et connaître l’ambiance au sein de l’entreprise, leur donner la parole de manière directe est indispensable, que cela passe par des temps dédiés pour des échanges de groupe ou des sondages réguliers. 

De même, la problématique s’étend aux différents modes de travail ou processus de gestion d’équipe auparavant basés sur un rapport direct, continu et qui, du jour au lendemain, a disparu. Dans ce cadre, les anciennes pratiques managériales sont supplantées par une nouvelle donne : la notion de confiance.

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Le marketing RH

La seconde piste d’action vise à adopter les outils du marketing. La démarche du marketing RH consiste à identifier le « marché » de la direction des ressources humaines (collaborateurs, managers, dirigeants, candidats, etc.). Puis à lui appliquer les méthodes du marketing client en segmentant ce marché en différentes cibles, en les interrogeant sur leurs attentes et leurs perceptions, en étant à l’écoute de leur retours ou «feedback». Le marketing RH permettait ainsi à la direction RH de proposer une offre de services adaptée.

Le marketing RHreprésente une opportunité non seulement de renforcer le lien avec les collaborateurs, mais aussi de soigner la marque employeur et donc l’attractivité de l’entreprise. Et sur le même modèle que le marketing classique, cette démarche implique d’abord une compréhension pointue de sa cible : qui sont les collaborateurs et que souhaitent-ils ?

Il y a tout un travail d’analyse à faire et cet exercice est d’autant plus délicat qu’au sein de l’organisation se côtoient plusieurs générations aux multiples attentes, besoins, valeurs et comportements.

Une fois tout cela posé, il s’agit de formaliser une réponse adaptée, sous forme de promesse RH contenant une proposition de valeur claire. Puis vient le temps de concevoir et de construire l’offre RH en fonction des priorités stratégiques de l’entreprise.

Le rôle des DRH sera donc davantage orienté vers la contribution à la stratégie globale de l’entreprise, vers une posture de partenaire d’affaires et vers le développement RH lié à l’attractivité de l’organisation ainsi qu’à la rétention des talents.

L’accélération de la digitalisation

La fonction RH devra également suivre les évolutions technologiques en se digitalisant davantage, en développant des SIRH et des solutions cloud adaptées aux nouveaux enjeux et plus globalement en modernisant ses modes de communication, afin d’améliorer sa qualité de service, que ce soit en interne auprès des salariés et de la Direction ou auprès des prestataires et des candidats.

L’enjeu pour les DRH sera aussi de repenser les environnements de travail, afin d’adapter les lieux de travail physiques plus propices aux échanges, au partage et à la créativité, tout en capitalisant sur la Digital Workplace numérique. Il faut maintenant redéfinir les contours et les pratiques d’espaces de travail variables pour leur entreprise, avec des collaborateurs sur site, en home office ou encore en travail dans des tiers lieux, d’une manière pérenne, agile et productive.

Les émirats, un marché en effervescence

Les Émirats représentent une destination privilégiée notamment pour créer sa société, car ils constituent un très bon compromis. Le pays est, en effet, au carrefour de l’Europe et de l’Asie, c’est un lieu sûr et où il fait bon vivre, ce qui attire les touristes ainsi que les travailleurs du monde entier.  

Plus particulièrement Dubaï, ville cosmopolite où se côtoient négociants importants ou modestes, professionnels ou amateurs, venus d’un peu partout et parfaitement à l’aise avec les modes de communication les plus modernes. Elle n’est pas sans évoquer l’effervescence des grandes cités-mondes du passé, telle la puissante Alexandrie.

Mais quels sont, entre autres, les secteurs en effervescence ?

L’ÉVÈNEMENTIEL

Au cours de la dernière décennie, Dubaï a renforcé son statut de leader mondial pour l’organisation d’événements professionnels en mettant l’accent sur la sécurité et sur l’expérience offerte aux participants.

D’autre part, les Émirats sont reconnus également pour leur capacité à accueillir des manifestations d’envergure mondiale dans les domaines du loisir, de la culture ou du divertissement (concerts, festivals, tournois sportifs,…).

Au total, ce secteur est estimé à plus de 165 millions d’AED (Environ 43 millions d’Euros). Avec l’Exposition Universelle 2020 ce chiffre a explosé.

L’INFLUENCE

Les Émirats, et en particulier Dubaï, représentent un marché extrêmement dynamique en termes d’influence. L’adoption des médias sociaux dans ce pays est massive, avec une population très jeune, multiculturelle, disposant de moyens élevés, c’est un outil de communication évident, tant pour les influenceurs que pour les marques.

La ville du golfe persique apparaît ainsi comme le paradis artificiel qui colle parfaitement à l’image des réseaux sociaux et de la téléréalité. Elle symbolise la réussite moderne, là où 85 % des habitants sont expatriés.

De nombreuses agences déjà spécialisées offrent aux influenceurs occidentaux et français les meilleures conditions d’installation possibles.

A titre d’exemple, la société Ykone, pionnière dans le domaine du marketing d’influence, y est installée depuis 2015 afin d’accompagner plus particulièrement les marques de luxe, mais aussi les grands groupes de tourisme car la région est très dynamique en la matière.

Une étude de la société Kolsquare estime que le business du marketing d’influence représente environ 15 milliards de dollars en 2022.

LE LUXE

Les Émirats Arabes Unis font partie des pays les plus visités au monde et, avec le soutien des organismes de réglementation du pays, l’industrie du tourisme connaît une forte expansion.

Ainsi, la croissance soutenue du secteur du luxe au Moyen Orient peut être attribuée au développement constant de l’industrie du tourisme.

En effet, les voyageurs visitant le pays sont généralement issus de milieux sociaux aisés et possèdent un pouvoir d’achat élevé qui attire fatalement les grandes maisons de luxe. De plus les nombreux expatriés sur place bénéficient globalement de revenus et moyens financiers élevés ce qui nivelle une demande en matière de biens de consommation luxe également supérieure à la moyenne. 

De ce fait, ayant compris l’importance de ce marché, ces marques premium lancent souvent leurs nouveautés en avant-première aux Émirats, avec un large éventail de choix qui correspond aux attentes locales.

Gucci possède notamment un portefeuille de produits dans le pays qui comporte plus de 29 variantes de parfums, ce qu’on retrouve rarement au sein d’autres zones à l’international.

Le marché des produits de luxe des Émirats arabes unis était évalué à 2 977,69 millions USD en 2020, et il devrait enregistrer une croissance de 7,17 % au cours de la période de prévision 2021-2026.

Je n’ai pas choisi un métier passion, et alors ?

La quête de sens semble être devenue le nouveau Saint-Graal des cadres, jeunes et moins jeunes. Pourtant, nombreux sont ceux à avoir choisi un métier de raison, pour des motifs qui leur sont propres. Voici quelques témoignages édifiants.


« Je me suis spécialisé dans l’aéronautique parce que je voulais rester dans la région nantaise, et comme il y a le technocentre Airbus, je savais qu’il y aurait sans doute des opportunités », indique Jules, 33 ans, consultant qualiticien dans l’aéronautique. Pour lui, ce choix répondait à plusieurs exigences : la localisation, un travail assuré, mais aussi un bon salaire, et une carrière balisée. Ce choix est pleinement assumé : « C’est sûr que les métiers de bureau peuvent paraître austères. C’est un peu la raison au boulot et la passion sur les temps libres. Et beaucoup de mes amis sont dans cette situation. »


La passion des médias pour les « bifurqueurs », ceux qui ne veulent plus d’une vie en entreprise car la dissonance avec leurs valeurs est trop forte, et les reconversions hétérodoxes vers des métiers manuels, de la terre, de l’artisanat ou du care, nous ferait presque oublier qu’une grande majorité de jeunes choisissent des métiers tout à fait traditionnels dans des entreprises tout à fait classiques. Et même qu’une partie d’entre eux le vivent très bien !

En 2021, plus d’un tiers des diplômés des grandes écoles se dirigeait vers le conseil ou les services financiers, d’après la dernière enquête d’insertion de la Conférence des grandes écoles. Des métiers stables aux revenus confortables. Dans les sociétés de conseil et d’ingénierie, les jeunes diplômés gagnent environ 35.434 euros brut annuels, hors primes.

Par ailleurs, le phénomène de la «grande démission» est à relativiser , nous avertissait une étude de la Dares fin août. « Les gens démissionnent certes, mais la plupart reprennent un travail dans le même secteur. Ils ne changent pas de métier, ils changent d’entreprise. C’est pour ça qu’on parle aussi de «Grande rotation ». Il n’y a pas que des démissions vouées au sens », analyse Tristan Dupas-Amory, doctorant à l’ESCP Business School et dont les travaux portent sur les questions du consentement au travail et sur les trajectoires professionnelles des jeunes notamment.

DIPLÔMÉE EN MARKETING, ELLE DEVIENT FEMME DE MÉNAGE

L’argent, le confort, le statut social peuvent être des moteurs d’un choix de raison. Mais pas que. Diane a, elle, surtout choisi de fuir le stress et prioriser son équilibre vie pro/vie perso. « J’ai un double diplôme en digital marketing que j’ai fait en alternance. Mais j’ai finalement choisi de devenir femme de ménage ». La trajectoire interpelle.

Alors que cette femme de 28 ans semblait promise à une carrière toute tracée avec un poste à responsabilités, elle choisit, quelques mois après avoir terminé ses études, de changer de voie. « C’est simple, on me proposait que des boulots dont le salaire démarrait à 1.700 euros ou 1.800 euros par mois. » En se remémorant cette période, Diane fulmine : « Dans le marketing, on se retrouve souvent à faire 40 voire 50 heures par semaine. On dit que ce sont de « bonnes situations » mais si on rapporte au taux horaire, c’est très mal payé. »

Maintenant femme de ménage à son compte, elle gagne « environ 2.000 euros par mois. Sauf que là, je ne travaille que 25 heures par semaine et quand je rentre chez moi, ça s’arrête : pas de charge mentale, pas de coup de fil le week-end ou après 20 heures. »

LE « MÉTIER PASSION », NOUVELLE INJONCTION

Tristan Dupas Amory explique l’existence de deux modalités fortes qui dominent aujourd’hui les différents rapports au travail. « Il y a des personnes qui vont faire le minimum parce que le travail n’est pas toute leur vie et qu’elles veulent profiter par ailleurs ». Phénomène que l’actualité a éclairé ces deux derniers mois par l’émergence du « quiet quitting »(ou démission tranquille) popularisé par des tiktokeurs décidés à en faire juste assez pour ne pas se faire virer… Le hashtag cumule près de 150 millions de vues sur le réseau social. « De l’autre côté, on voit de plus en plus, et c’est nouveau, des personnes qui ont une exigence croissante vis-à-vis du sens que leur procure leur travail. Au point de faire du métier passion une nouvelle injonction », poursuit le chercheur.

Mais attention de ne pas aller trop vite en besogne. Pour Diane, devenir femme de ménage est quasiment un choix de sens, en cela qu’il est utile : « Pour moi, femme de ménage n’est pas du tout dégradant. Je trouve que je fais bien mon métier et que je rends un service ».

LES LIMITES DE LA PASSION

Le cas de Maxime reflète bien ce tiraillement. Aujourd’hui, ce jeune homme de 31 ans est consultant fonctionnel finance, mais avant cela son rêve était de devenir musicien professionnel. Ce qu’il a tenté de faire avant de bifurquer dans des études de GEA (gestion des entreprises et des administrations). « C’était juste après le bac, j’étais passionné de musique et je voulais voir jusqu’où je pouvais aller dans cette voie ». Alors, Maxime suit une formation de musiques actuelles, puis intègre le conservatoire. Mais peu à peu, la passion finit par s’estomper « à cause de tous les à-côtés : il y a des cours de guitare qu’il faut donner pour joindre les deux bouts, être toujours en recherche de nouvelles dates pour des concerts, et puis il y a les personnes qui veulent te payer sous la table alors qu’il te faut des cachets… Ça abîme le plaisir et la passion et j’ai fini par me réorienter ».

La raison a donc fini par l’emporter mais Maxime ne regrette rien. « Alors oui, mes copains trouvent que la comptabilité n’est pas la chose la plus fun, et c’est vrai que ça peut être très rébarbatif si c’est juste faire des bilans. Mais moi je travaille beaucoup avec les nouvelles technologies et j’y trouve un intérêt au bout du compte. »

Quant à Jules, il conclut en tempérant l’idée même de métier passion : « J’ai l’impression que ce qui relève du métier passion est très culturel aussi. Qui dirait aujourd’hui qu’un métier de bureau peut être un métier passion ? C’est juste qu’on ne le perçoit pas de cette façon, alors que… Pourquoi pas ? »

Source : Les Echos

Reconversion professionnelle : du rêve à la désillusion

En France, un actif sur cinq a songé à quitter son emploi durant la crise sanitaire. De l’idée au passage à l’acte, encore faut-il anticiper pour éviter quelques déconvenues.
Août 2016. Heure de pointe sur le RER A, direction La Défense. Sophie trépigne d’impatience devant la montée des escalators qui mènent à la sortie du métro. Comme d’habitude, même en plein cœur de l’été, le périmètre est saturé. Les hommes en costume-cravate et les femmes en tailleurs et talons aiguilles s’agglutinent en une file indienne opaque qui n’avance pas. Le temps lui paraît interminable. Alors qu’elle enjambe l’escalator, une question lui traverse l’esprit: «Vais-je vivre la même rengaine chaque matin toute ma vie, alors que je n’ai que 40 ans?»
Un an plus tard, cette fiscaliste habituée à «ne produire que du papier» opère un virage à 180 degrés. Direction: la pâtisserie. Malgré son salaire confortable dans une multinationale française spécialisée dans les transports, Sophie n’hésite pas une seconde.

Après un CAP de plusieurs mois, elle entre en stage dans l’une des meilleures maisons parisiennes. Mais elle déchante rapidement: horaires à rallonge, charges très lourdes à porter, remarques cassantes: «J’avais l’impression d’être à l’armée. On vous met dans un moule et vous n’avez pas votre mot à dire. Revenir sur les bancs de l’école, c’est une chose. Mais changer de carrière à 40 ans pour vous faire gueuler dessus par des gamins de 19 ans, c’est dur», poursuit-elle. Au bout d’un an et demi, alors qu’elle multiplie les cours de pâtisserie à domicile et qu’elle dépense la moitié de son capital dans la création de site ou de cartes de visite, rien n’y fait. Un soir de mai 2019, elle fond en larmes et arrive à cette conclusion: «Ce projet de reconversion n’est pas ce que je veux vraiment, c’était une erreur.»

AVOIR POUR MÉTIER SA PASSION, UNE ILLUSION?

En 2009, Anne-Valérie Rocourt claque la porte du métier qu’elle exerçait dans le monde de la finance pour tenter de vivre de sa passion, la décoration. «En quittant l’univers des chiffres et des réunions, j’aspirais à plus de créativité, de libertés. Mais je ne voyais que le côté rose de la décoration», explique-t-elle. Après une formation à l’école Boulle à Paris, l’une des plus prestigieuses en la matière, Anne-Valérie crée sa propre société en 2010. «Apprendre à manipuler des maquettes, c’était jubilatoire.» Son enthousiasme est rapidement réfréné devant les tâches administratives qui s’accumulent et dont elle pensait être débarrassée: «D’abord, la passion est un piège. Il y a celles et ceux qui n’ont pas de véritable passion, et qui de ce fait se sentent presque coupables de ne pas être animés par cette flamme. Et puis, lorsqu’on se reconvertit, on oublie souvent que le métier d’entrepreneur doit aussi s’apprendre», commente-t-elle

Pendant près de deux ans, Anne-Valérie poursuit ses projets, embauche du personnel et organise des événements, malgré les signaux psychologiques et physiologiques d’un malaise intérieur. «Il fallait que je sois à la hauteur de mes investissements financiers, mais aussi des personnes qui avaient cru ou non en moi. Je m’étais construit une vraie prison dorée.» Un malaise et une hospitalisation plus tard, Anne-Valérie renonce à son projet auquel elle avait tant cru.

Aujourd’hui, elle a fait la paix avec cet épisode qu’elle ne considère plus comme un échec, mais comme un «tremplin». Elle s’en sert d’ailleurs comme ressource dans le cadre de sa nouvelle activité de coaching auprès de personnes qui se forment à l’entrepreneuriat.

UNE RECONVERSION N’EST PAS UNE DÉMARCHE FACILE

Et si ces histoires de changement de vie n’étaient qu’un triste miroir aux alouettes ? Car là où la génération précédente avait tendance à se contenter de ce qu’elle avait, celle d’aujourd’hui, face à toutes ces possibilités, peut avoir du mal à se satisfaire de ce qu’elle a.

En fait, il faut surtout se poser les bonnes questions, estime Yves Deloison, fondateur de Toutpourchanger.com et auteur de Réussir sa reconversion. « Une reconversion n’est pas une démarche facile ni simple, elle implique de s’y impliquer et s’y appliquer », estime-t-il.

« Il y a tout un cheminement à effectuer en amont, en remettant tout à plat : d’abord, être sûr que c’est d’une reconversion dont on a besoin. On peut se méprendre sur les raisons qui font qu’on ne veut plus faire ce job. Le fait, par exemple, d’être dégoûté de son métier à cause de chefs ou collègues : peut-être qu’il suffit de changer d’entreprise ou de statut. »

Certains reconvertis peuvent être aussi déçus parce qu’ils n’ont peut-être pas assez fait un travail d’introspection, abonde Anne-Claire Penet. « Est-il vraiment nécessaire de changer ? Est-ce que vous ne pourriez pas trouver votre bonheur avec ce que vous avez aujourd’hui ? »

LES FANTASMES DE LA RECONVERSION

Le premier écueil dans lequel risquent de tomber les néo-convertis tient au manque de préparation et à une mauvaise documentation sur le secteur professionnel visé. «Souvent, on pense qu’être son propre chef annule toutes les difficultés. Sauf que ces rapports-là existent d’une autre manière, notamment au service de la clientèle», souligne Florence Villedey, directrice de l’innovation chez Demos Groupe. La reconversion, c’est aussi une histoire de temps: «Quand on reformate son parcours professionnel, ça ne se fait pas en claquant des doigts. Ça passe par de la formation, forcément, mais aussi des phases d’expérimentation. Il faut y consacrer un an au minimum. Se reconvertir, c’est aussi changer d’identité», détaille Florence Villedey.

Cet aspect-là, Marie l’a saisi trop tard. Cette ancienne chargée de communication reconvertie dans l’horticulture par «amour de la nature» l’admet: «J’ai continué la formation, car j’étais contente de ne pas me poser de questions pendant un an. Mais, au fond, je savais que ce n’était pas fait pour moi. C’était une façon de ne pas me confronter à la réalité», reconnaît-elle aujourd’hui.

Une fois les mains «dans la terre», Marie décide de tout plaquer. Elle suit une psychothérapie et comprend qu’elle souhaitait plus que tout «fuir le salariat». Un an après cette déconvenue, la jeune femme de 29 ans s’est lancée dans la photo-thérapie, un domaine porteur de sens pour elle.

Autre élément essentiel à la réussite de son projet professionnel: être au clair au sujet de ses contraintes familiales et financières, car le projet de reconversion est avant tout un projet global. «Je recommande de réaliser des enquêtes métiers, des immersions de quelques semaines et surtout de se faire accompagner», rappelle Marina Bourgeois-Bertrel. Enfin, accepter l’erreur fait aussi partie du jeu. «Je dis toujours qu’une reconversion ratée, c’est une reconversion qui n’est peut-être pas terminée», schématise Florence Villedey. «C’est un leurre de se dire qu’avec un diplôme de plus on peut y aller les yeux fermés, ajoute Anne-Valérie Rocourt. Changer de métier, c’est aussi apprendre à y aller malgré la peur. Avoir peur est même plutôt bon signe.»

Source : Slate.fr